Des anticorps résistants à la rage découverts chez des habitants d’Amazonie

http://www.maxisciences.com/rage/des-anticorps-resistants-a-la-rage-decouverts-chez-des-habitants-d-039-amazonie_art26020.html

 

Les anticorps ont été découverts chez des personnes qui n'avaient pas été vaccinées contre la rage

Des chercheurs ont découvert « des anticorps neutralisant le virus responsable de la rage » chez 6 personnes vivant dans l’Amazonie péruvienne. Ce groupe paraît être doté d’une résistance naturelle à la rage, maladie normalement mortelle si elle n’est pas traitée immédiatement.

« Dans la très grande majorité des cas, la rage est mortelle pour les personnes contaminées« , explique le Dr Amy Gilbert, du Centre national des maladies infectieuses zooniques et émergentes (NCEZID). D’ailleurs, à ce jour, « la rage reste une cause persistante de mortalité » dans certaine régions du monde. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), pas moins de 55.000 personnes décèdent chaque année de cette infection qui entraîne une hémorragie cérébrale, une crise cardiaque ou une paralysie musculaire généralisée.

Mais une incroyable découverte vient d’être faite. En analysant des échantillons de sang provenant de six personnes ayant indiqué ne jamais avoir été vaccinées contre cette maladie virale, les chercheurs ont retrouvé « des anticorps neutralisant le virus responsable de la rage« . C’est au sein de deux communautés isolées du Pérou, Truenococha et Santa Marta que cette recherche a été menée, suite à des cas d’infections mortelles par des morsures de chauve-souris. Or, cette découverte est essentielle car cela suggère pour la première fois que certaines personnes pourraient avoir une réponse immunitaire potentiellement utilisable par les scientifiques pour trouver de nouvelles voies de traitement.

A ce jour, la maladie peut être prévenue mais à condition qu’elle soit prise en charge avant l’apparition des premiers signes, autrement dit avant que la rage ne se déclare. Après cela, les cas de survie sont exceptionnels. « Les résultats ouvrent la voie à la possibilité de certains types de résistance naturelle ou de réponse immunitaire plus forte dans certaines communautés exposées régulièrement à la maladie« , explique ainsi le Dr Gilbert citée par l’AFP. « Cela laisse penser qu’il pourrait y avoir des moyens de développer des traitements efficaces capables de sauver des vies« , ajoute-t-elle.

Les chauves-souris sont la principale cause des décès de la rage aux Etats-Unis et au Canada. La maladie transmise par ce petit animal volant est ainsi récemment apparue comme une menace de santé publique en Australie, en Amérique Latine et en Europe de l’Ouest, précise l’OMS. Dans les régions à risque, les autorités ont ainsi conseillé aux habitants de rester vigilants en particulier la nuit, en dormant par exemple sous des moustiquaires pour éviter les morsures.

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