105 décès évités, 174 M € gagnés en polluant moins

http://www.ladepeche.fr/article/2012/09/14/1439770-105-deces-evites-174-m-gagnes-en-polluant-moins.html

 

Les concentrations de microparticules dépassent les normes à Toulouse comme dans huit autres grandes villes de France. Limiter la pollution éviterait des décès prématurés et économiserait beaucoup d’argent.

Étudiée dans le cadre d’une enquête baptisée Aphekom, menée entre 2004 et 2006 dans 25 villes européennes, la pollution atmosphérique à Toulouse dépasse les normes établies par l’OMS. La situation est identique dans huit autres grandes villes françaises : Lille, Lyon, Bordeaux etc. Une seule métropole en Europe respecte la valeur guide de l’Observatoire mondial de la santé : Stockholm.

Alors que la norme OMS est de 10 µg/m3, l’air de Toulouse concentre en moyenne chaque jour 14 µg/m3 de microparticules émises par les gaz automobiles, l’industrie, le chauffage. Dans le palmarès de la pollution, en allant du meilleur au pire (20 µg/m3 à Marseille), Toulouse est à la cinquième place. «La situation n’est pas dramatique à Toulouse», commente Nicolas Sauthier, à l’antenne régionale de l’Institut de Veille Sanitaire (InVS). Cet ingénieur du génie sanitaire est l’un des auteurs de l’enquête Aphekom basée sur les relevés des stations de l’Observatoire régional de l’air (ORAMIP) «Pour autant, poursuit-il, l’impact des microparticules qui pénètrent profondément dans l’organisme, a été mesuré en terme de coût financier et de vies humaines». Le résultat est loin d’être neutre. En diminuant de quelques milligrammes au mètre cube le taux de microparticules on pourrait économiser rien qu’à Toulouse 174 millions d’euros par an en coût d’hospitalisations, absentéisme, médicaments etc. 105 décès liés à des pathologies cardiaques ou respiratoires pourraient être évités. L’espérance de vie des personnes âgées de 30 ans augmenterait de trois mois minimum. «Le travail a consisté à comparer la situation sanitaire si la pollution était dans les valeurs recommandées par l’OMS, explique Nicolas Sauthier. On a aussi étudié l’impact si on diminuait les concentrations en polluants de 5 µg/m3».

Un colloque international à Toulouse

Cette enquête montre également le gain qu’ont apporté les décisions publiques en terme de santé, comme la diminution du soufre dans les carburants. 2 200 décès prématurés ont été évités dans les 26 villes européennes. À Toulouse des mesures ont été prises pour limiter la pollution comme la limitation de vitesse à 90 km/h sur les rocades 7/7 jours et l’augmentation de l’offre en transports en commun. Il faudra encore des années pour en mesurer le bénéfice. Pollution de l’air, changement climatique, quelles conséquences sur la santé ? Toutes ces questions seront au cœur des débats à l’occasion des premières rencontres internationales colloque scientifique air-climat-santé, le 28 novembre à l’Hôtel de Région.


On mesure l’air dans le métro

Régine Lange, adjointe au maire de Toulouse en charge du Développement durable et présidente de l’Observatoire Régional de l’Air (ORAMIP) et de l’ATMO France participe à la conférence environnementale qui a lieu aujourd’hui et demain à Paris. Deux jours de débats au cours desquels les conséquences sanitaires de la pollution générée notamment par les fumées de diesel (60 % du parc automobile en France) seront abordées. à Toulouse, l’ORAMIP pilote un programme de mesures de l’air dans le métro avec Tisséo. «Nous avons démarré cette campagne le 6 septembre, indique Régine Lange. Elle s’inscrit dans le cadre du Grenelle de l’Environnement qui prévoit la surveillance des polluants dans les lieux-dits prioritaires, comme les gares et métros. Cette campagne réalisée pendant quatre semaines en même temps que des travaux de nettoyage va permettre d’étudier l’impact de la ventilation et des produits d’entretien dans la qualité de l’air». Une autre étude des zones exposées à une mauvaise qualité de l’air, à proximité des rocades notamment, est en cours.

«Le réel impact de la pollution sur la santé ce n’est pas quand il y a des pics de pollution. C’est l’exposition moyenne, tous les jours».

Nicolas Sauthier,

épidémiologiste


Le chiffre : 3 000

décès > de moins en France. Réduire la pollution de l’air dans neuf villes de France (12 millions d’habitants) dont Toulouse permettrait d’économiser près de 5 milliards d’euros par an et d’éviter chaque année près de 3 000 décès prématurés.

Sylvie Roux

 

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