La souris ne serait pas un si bon modèle pour la recherche médicale

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Publié le 15 février 2013 par Émeline Ferard

 

Bien que la souris soit l’un des principaux animaux utilisés dans les expériences scientifiques, une récente étude explique qu’elle ne serait pas un si bon modèle pour étudier certains troubles tels que les traumatismes, les brulures ou la septicémie.

Depuis des décennies, la souris a été le modèle expérimental de choix dans les recherches portant sur les maladies humaines. En effet, ce rongeur présente plusieurs avantages : celui d’être petit, de se reproduire rapidement, d’être facile à élever et d’être un mammifère tout comme l’homme. De multiples études ayant coûté des milliards d’euros, ont ainsi conduit à une meilleur connaissance de plusieurs maladies voire à de nouveaux traitements. Mais certaines d’entre elles pourraient avoir été vaines.

C’est du moins ce qu’explique un consortium de 39 chercheurs représentant plus d’une dizaine d’écoles (parmi lesquels Harvard, Stanford et l’université de Floride) dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences de ce mois. Plus précisément, les scientifiques révèlent avoir découvert que la souris n’était pas un si bon modèle que cela quand il s’agit de certains traumatismes, de brulures ou encore de maladies impliquant le système immunitaire. Leur organisme ne réagirait tout simplement pas de la même manière que le nôtre.

Pas de similarités entre l’homme et la souris

Cette découverte ne devrait toutefois pas complètement surprendre la communauté scientifique dans la mesure où elle savait déjà que la souris n’était pas un analogue très précis de l’homme. La nouveauté ici, vient en fait des travaux qu’ont menés les auteurs de l’étude et les résultats particulièrement parlants qu’ils ont obtenus. En vérité, tout a commencé par des recherches menées sur les globules blancs de centaines de patients atteints de brulures, de traumatismes ou de septicémie (infection généralisée).

Les scientifiques voulaient en savoir plus sur la réponse de ces cellules face à ces signaux de danger. Ils ont ainsi accumulé de nombreuses données, certaines particulièrement intéressantes. Or, quand ils ont voulu publier leurs résultats dans une revue, ils se sont vu répondre qu’il n’avait pas vérifié leurs données chez la souris. « Ils étaient tellement habitués à faire des études sur les souris qu’ils pensaient que c’était comme ça qu’on validait les choses. Ils sont tellement enracinés dans le principe de soigner des souris, qu’ils oublient que nous essayons de soigner des humains« , a expliqué au New York Times Ronald W. Davis, expert en génomique à la Stanford University.

De là, les chercheurs ont donc commencé à s’interroger sur la légitimité de la souris en tant que modèle et ont poursuivi leurs travaux. Alors qu’ils s’attendaient à trouver certaines similarités entre l’animal et l’homme, ils n’en ont trouvé aucune. « Nous étions un peu renversés« , a ajouté le spécialiste. Au cours de leurs travaux, ils ont notamment injecté de petites doses de toxine à des volontaires humains en bonne santé pour étudier la réponse qu’elle engendrait au niveau génétique. Puis ils ont comparé leurs observations avec les données obtenues chez des souris souffrant des mêmes troubles, rapporte PopSci.com.

A peine 50% de changements génétiques similaires

Ils ont alors constaté que les réponses variaient de la souris à l’homme. Au final, les chercheurs ont regardé quelque 5.000 gènes qui coïncident entre humain et rongeur et ont trouvé que les changements génétiques étaient similaires pour seulement 50% d’entre eux. Un gène activé chez la souris, n’est même pas exprimé chez l’homme. De même, certains gènes qui permettent aux rongeurs de guérir, sont capables de « blesser » les humains. D’après les auteurs, ceci explique pourquoi quelque 150 traitements qui marchent chez la souris atteinte de septicémie, ne fonctionnent pas chez l’homme.

Ils vont même plus loin en affirmant que dans ce domaine, des millions d’euros et des années ont été perdus pour arriver à soigner des souris, sans aboutir à une solution efficace pour l’humain. Des conclusions que n’ont pas niées plusieurs scientifiques qui ont lu l’étude. « Quand j’ai lu le papier, j’étais sidéré de voir à quel point les données sur les souris étaient mauvaises. C’est vraiment incroyable – pas de corrélation du tout. Ces données sont tellement convaincantes et robustes que je pense que les agences de financement vont prendre note« , a commenté le Dr. Mitchell Fink, expert en septicémie à la University of California.

Mieux choisir les modèles expérimentaux

Jusqu’ici, « pour avoir des financements, vous deviez proposer une expérience utilisant la souris comme modèle« , a t-il ajouté cité par le New York Times. Néanmoins, cette étude ne s’applique qu’à ces trois conditions, brulure, traumatisme et septicémie, et ne dit pas que le rongeur doit être complètement abandonné pour réaliser les recherches scientifiques. Dans certains cas, l’animal fournit encore un très bon analogue. Les auteurs recommandent donc plutôt aux chercheurs de réfléchir davantage sur le modèle utilisé.

Par ailleurs, la découverte d’une telle différence pourrait tout de même servir à soigner l’humain. En effet, les souris sont de très mauvais modèles dès qu’il s’agit d’infections bactériennes car elles y résistent bien mieux : il faut une dose de bactéries plus d’un million de fois supérieure à celle qui tuerait un humain. Aussi, la mise en évidence de changements génétiques différents chez la souris pourrait permettre de savoir d’où provient cette impressionnante résistance et peut-être de s’en inspirer pour traiter l’homme.

2 commentaires

  1. Alors l’homme peut soigner les souris, mais l’inverse n’est pas vrai… Bises et bonne soirée

  2. Il me semble que les cochons sont plus proches de nous. Ca va peut-être choquer mais moi, les cochons….


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